Prises de position de la FPJQ

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec défend la liberté de presse et le droit public à l’information. Elle intervient chaque fois que la liberté de presse est menacée. Elle fait entendre la voix des journalistes partout où c’est nécessaire, dans les commissions parlementaires, devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), dans les conseils municipaux, auprès des juges, de la police et des organismes publics dont les politiques de communication entravent le travail des journalistes.

« La FPJQ s’est battue pour la liberté de la presse. Elle est derrière nous tous les jours. Et elle doit le demeurer. C’est pour ça que j’ai ma carte. »

Antoine Trépanier

Journaliste à Radio-Canada Ottawa/Gatineau, arrêté le 13 mars 2018 pour harcèlement criminel alors qu'il tentait d’obtenir une entrevue avec une intervenante.


Voici les prises de position de la FPJQ.

La FPJQ rappelle que la transparence dans les municipalités est essentielle au droit du public à l’information

La Fédération professionnelle des journalistes (FPJQ) prend acte de la sortie des conseillères municipales de Sherbrooke et de Rimouski, Évelyne Beaudin et Virginie Proulx, qui réclament à la ministre des Affaires municipales Andrée Laforest la fin des huis clos systématiques avant la tenue des séances publiques des conseils municipaux. Elle rappelle du même souffle que la transparence des processus décisionnels dans les cités et villes est essentielle à la démocratie.

Ces revendications s’inscrivent dans un contexte qui a forcé la démocratie municipale à s’adapter, ces derniers mois, aux règles sanitaires que commande la situation de pandémie. Si certaines municipalités ont fait preuve de transparence en rendant publics des documents et en diffusant en direct leurs séances qui ne pouvaient être tenues physiquement dans les hôtels de ville, les huis clos décrétés par le gouvernement du Québec ont, dans d’autres cas, compliqué l’accès à l’information. Cette situation a pénalisé les journalistes et les citoyens, qui n’ont pu prendre connaissance des délibérations ayant lieu entre les élus.

Pendant des semaines, en 2015, le Québec a été aux premières loges de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (CEIC) qui est venue démontrer l’existence de malversations systémiques qui ont entraîné des coûts inégalés payés à même les taxes imposées aux contribuables. Le manque de transparence dans l’attribution des contrats et les jeux de coulisses pour de nombreuses attributions de gré à gré et ententes de toutes sortes ont été tour à tour décriés.

Dans son mémoire déposé à la CEIC, la FPJQ recommandait, entre autres, que chaque organisme public soit tenu d’identifier l’information de valeur qu’il détient, en plus des études et rapports de recherche, et que leur mise en ligne soit planifiée dans de courts délais. Elle recommandait également que le règlement sur la divulgation automatique soit appliqué aux municipalités et aux organismes parapublics.

Cinq ans plus tôt, en 2010, la FPJQ avait également publié son Dossier noir de l’information municipale à ce sujet, recensant de nombreux exemples d’entraves au travail des journalistes et la difficulté pour ceux-ci d’obtenir des informations pourtant publiques. Ce rapport présentait également des initiatives mises de l’avant par d’autres municipalités qui avaient fait le pari de la transparence.

Depuis plusieurs années, la FPJQ milite pour que la Loi sur les cités et villes et le Code municipal du Québec soient modifiés afin d’y enchâsser la permission explicite d’enregistrer et de diffuser les débats dans leur totalité par les médias, sous réserve des règlements qui peuvent venir encadrer cet exercice. Cette mesure fait d’ailleurs l’objet du projet de loi 495 déposé en novembre dernier à l’Assemblée nationale du Québec.

Nous rappelons qu’à l’heure actuelle, plus d’une cinquantaine de municipalités québécoises ont des règlements en vigueur qui empêchent toute captation de son et d’images pendant des séances publiques.

Si les journalistes ne peuvent pas couvrir adéquatement et en toute liberté les séances publiques, ce sont les citoyens qui seront privés d’informations essentielles. La démocratie, dont les médias d’information constituent un rouage important, voire essentiel, ne ferait qu’en pâtir.

Fondée en 1969, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec est le plus grand regroupement de journalistes au Canada. Sa mission est de défendre la liberté de presse et le droit du public à l’information.

 

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