02 février 2026
MONTRÉAL, 02 févr. 2026 - La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) dénonce la décision de la municipalité de Wickham de boycotter L’Express de Drummondville, un geste sans précédent qui entache le débat démocratique au niveau local et régional.
Photo : site web de TVA
Dans une résolution adoptée à l’unanimité par son conseil municipal, la municipalité de Wickham, au Centre-du-Québec, a décidé de suspendre toute communication avec L’Express de Drummondville, sous le prétexte que ce média doit revoir ses « pratiques médiatiques ».
« Au cours du débat de 5 minutes précédant l’adoption de cette résolution par les élus de Wickham, les discussions laissent plutôt croire à une mesure de représailles à l’endroit de L’Express de Drummondville, soutient le président de la FPJQ », Éric-Pierre Champagne.
« Si la municipalité a des griefs légitimes contre ce média et ses journalistes, elle doit les nommer clairement, ajoute M. Champagne. La municipalité de Wickham ou l’un de ses représentants peut également déposer une plainte officielle au Conseil de presse du Québec. Mais il faut que les choses soient claires : aucune instance sérieuse ne va ouvrir une enquête sous le prétexte qu’un média ne publie pas les bonnes nouvelles qu’une municipalité lui transmet. »
Cette décision de la municipalité de Wickham est d’autant plus étonnante, que sa mairesse, Luce Daneau, publiait une lettre ouverte en juin 2024 dans L’Express de Drummondville où elle signalait son inquiétude pour l’avenir des médias locaux.
« Peut-on rester indifférent à la façon qu’on éloigne les médias de la population en diminuant leur accessibilité par diverses dispositions légales, certes, mais discutables ? » demandait alors Mme Daneau.
« Comme collectivité, nous devons être conscients de l’impact que cause ce déclin médiatique sur la population et le pouvoir qui sera donné aux décideurs politiques pour passer des lois sans que les citoyens s’en soient aperçus, sans la vulgarisation des journalistes qui font ressortir les détails de certaines décisions parfois douteuses », ajoutait la mairesse.
En boycottant L’Express , Wickham contribue malheureusement à affaiblir un écosystème médiatique de plus en plus fragile et prive la population d’informations essentielles pour contribuer au débat démocratique.
« L’approche de la municipalité de Wickham, l’attitude des élus et l’adoption d’une telle résolution sont tout à fait inacceptables et scandaleuses à l’heure où l’information est plus que jamais menacée. C’est une atteinte directe au droit du public à l’information et à la liberté de presse et nous dénonçons vivement une telle décision », de commenter Benoit Chartier, président du conseil d’administration d’Hebdos Québec et éditeurs du groupe DBC Communications qui publie notamment le Courrier de Saint-Hyacinthe, doyen des journaux français d’Amérique.
La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) est la plus importante association de journalistes au Canada. Elle défend la liberté de la presse et le droit du public à l’information. Elle représente quelque 1400 membres dans plus de 250 médias écrits et électroniques qui pratiquent tous les métiers de l’information : reporters, recherchistes, réalisateurs, animateurs, chroniqueurs, photographes et autres.
Fondée en 1932, Hebdos Québec est une association qui regroupe 135 médias imprimés et numériques, tous détenus par des propriétaires indépendants et répartis à travers 16 régions de la province. L’organisme concentre ses actions vers la promotion et le développement de la presse hebdomadaire indépendante, elle soutient l’industrie et ses artisans. Membre du Conseil de presse du Québec, Hebdos Québec défend le droit du public à une information juste et objective.
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