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Un mot du président de la FPJQ

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Noël s’en vient et apportera dans son sillage les revues de l’année, des faits divers aux arts et spectacles, des meilleurs jeux du Canadien aux moments forts des politiciens. Il s’en est passé des choses dans les douze derniers mois, si bien que l’appel à modifier la Loi concernant la protection des lanceurs d’alerte semble déjà lointain. 

Cette dernière année en a été une – encore direz-vous – mouvementée. 

Il y a eu la bataille pour le maintien, puis le retour des avis et publicités des villes dans les journaux. C’est avec tristesse que nous avons appris la fin des bulletins de nouvelles radio en français de la Presse canadienne ainsi que la fermeture de Vice Québec. 

C’est face à la crise des médias que la Fédération a lancé les campagnes « Je soutiens mon journal » et « J’achète local, j’annonce local », pendant que le programme #30secondes a continué sa lutte à la désinformation. Quand le fédéral a annoncé l’aide à la presse écrite, un vent de fraîcheur s’est fait sentir. Mais l’accalmie a été de courte durée : la faillite de Groupe Capitales Médias nous a rappelé l’état précaire de notre profession. 

L’aide provinciale à la presse écrite annoncée peu après a été saluée; l’arrêt Denis de la Cour suprême du Canada renforçant la protection des sources a rassuré. Quant au projet de coopératives pour relancer les quotidiens régionaux, il a apporté avec lui un vent d’optimisme ô combien bienvenu. 

Il s’en est passé des choses dans la dernière année ! Et c’est bon signe, puisque cela signifie que le journalisme est non seulement bien vivant, mais aussi particulièrement actif. 

Pour beaucoup de journalistes, le temps des Fêtes est synonyme de repos; pour d’autres, il signifie accumuler des heures de travail, compléter des piges. Les étudiants en journalisme entament le dernier droit avant d’enfin obtenir leur carte de presse professionnelle. 

Mais une question demeure : vont-ils trouver un emploi ? Leur motivation est là, ils n’attendent que la chance de faire leurs preuves et vivre de leur passion. Car, pour être journaliste, il faut en avoir, en plus d’une bonne dose de conviction. 

Que nous réserve l’avenir à l’aube de mon mandat ? Il y a la réforme tant attendue de la loi sur l’accès à l’information et, de façon plus large, le combat pour plus de transparence dans tout ce qui touche les fonds publics. 

Mais s’il y a un combat que nous ne devons pas perdre de vue, c’est celui des redevances des géants du Web. 

Il y a des années, nous avons ouvert l’outre d’Éole en croyant qu’elle nous apporterait une panacée; nous traversons, depuis, la tempête de la chute des revenus publicitaires et nul ne peut dire quand les vents nous seront enfin favorables. 

Dans cette odyssée, tous les médias et les journalistes sont dans le même bateau. Notre richesse, l’information produite pour le public, est siphonnée par de grandes entreprises étrangères. Et que redonnent-elles à la société québécoise ? Autant qu’elles payent d’impôts… 

Le gouvernement doit agir et imposer des redevances aux géants du Web, il en va de notre souveraineté culturelle. L’information, vecteur de culture, est un bien essentiel, même si elle est immatérielle. Elle permet aux gens de faire des choix de société éclairés, elle fait partie intégrante de notre démocratie. 

Je suis conscient qu’imposer Goliath n’est pas tâche facile et que cela prend du courage politique, surtout quand l’on constate son omniprésence dans nos vies quotidiennes. Et l’exemple de la France démontre que le géant ne se laissera pas faire; plus vite l’État légiférera, plus tôt le plus haut tribunal du Canada tranchera. 

Mais pour en arriver là, nous devons ramer ensemble, dans la même direction. Patrons et syndicats, concurrents, pigistes indépendants, étudiants, radios régionales, hebdos locaux, réseaux de télévision, grandes stations radiophoniques, presse quotidienne, magazines et presse étudiante... Malgré nos spécificités et nos différentes réalités, nous pouvons avancer ensemble. 

L’année qui s’en vient en sera une autre de combat pour défendre la liberté de presse, pour le journalisme, mais je l’entrevois avec optimisme. Et la Fédération sera aux premières lignes. 

Alors à tous, je vous souhaite un joyeux temps des Fêtes, 

Michaël Nguyen 

-30- 

 

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