Prises de position de la FPJQ

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec défend la liberté de presse et le droit public à l’information. Elle intervient chaque fois que la liberté de presse est menacée. Elle fait entendre la voix des journalistes partout où c’est nécessaire, dans les commissions parlementaires, devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), dans les conseils municipaux, auprès des juges, de la police et des organismes publics dont les politiques de communication entravent le travail des journalistes.

« La FPJQ s’est battue pour la liberté de la presse. Elle est derrière nous tous les jours. Et elle doit le demeurer. C’est pour ça que j’ai ma carte. »

Antoine Trépanier

Journaliste à Radio-Canada Ottawa/Gatineau, arrêté le 13 mars 2018 pour harcèlement criminel alors qu'il tentait d’obtenir une entrevue avec une intervenante.


Voici les prises de position de la FPJQ.

La protection des sources journalistiques est un principe non négociable

Québec, le 4 mai 2021 - La section Québec de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) demande à Régis Labeaume de cesser de dénigrer les sources journalistiques qui requièrent l’anonymat. Par ses propos, le maire de Québec décrédibilise le travail des professionnels de l’information, qui est pourtant balisé par des principes déontologiques clairs.

Lors d’une conférence de presse tenue jeudi dernier, M. Labeaume a commenté un article du Journal de Québec dans lequel une source remettait en question le choix de Denis Turcotte comme nouveau chef du Service de police de la Ville de Québec. « Ça aurait pu être créé de toutes pièces, cette affaire-là. Ça aurait pu être demandé à n’importe qui, n’importe quel loustic dans la rue, » a lancé le maire en référence à la source du Journal de Québec. Le journaliste Taïeb Moalla avait pourtant pris soin d’écrire qu’il s’agissait d’une source « qui connaît les arcanes du milieu policier à Québec. » M. Labeaume a ensuite déploré que les propos d’une « source anonyme » aient été relayés par le Journal de Québec, avant d’ajouter que « si cette source-là existe et qu’elle n’a pas le courage de se nommer, ça fait dur, » suggérant que la source aurait pu être inventée.

Ce n’est pas la première fois que le maire de Québec se permet ce type de commentaires qui attaque le professionnalisme des membres de la FPJQ. Ce n’est pas non plus la première fois qu’il tente de miner la crédibilité des sources qui requièrent l’anonymat. La FPJQ section Québec juge qu’il est grand temps que cessent ces attaques gratuites et trompeuses.

D’une part, lorsqu’un journaliste accorde l’anonymat, il le fait pour protéger sa source qui pourrait encourir des préjudices si son identité était révélée. Les conditions requises pour accorder l’anonymat à une source sont d’ailleurs clairement inscrites dans le Guide de déontologie de la FPJQ. D’autre part, contrairement à ce que suggère M. Labeaume, une source qui requiert l’anonymat est une source dont l’identité est connue du journaliste. Ce dernier peut alors juger de sa crédibilité et évaluer si cette personne encourt réellement des préjudices en prenant la parole publiquement.

Le maire de Québec est en politique depuis trop longtemps pour ignorer tout cela. La FPJQ section Québec l’invite donc à mesurer le poids de ses propos. Sans sources qui requièrent l’anonymat, un nombre immense de situations d’intérêt public n’auraient jamais pu être révélées. Ces personnes possèdent des informations pertinentes, sensibles et parfois cruciales que les journalistes ne pourraient pas obtenir par les voies officielles.

En cette Semaine de la presse et des médias, la FPJQ section Québec réitère que la protection des sources journalistiques est un principe non négociable. Le niveau de respect que chacun y accorde est un indicateur de son niveau d’attachement aux fondements de notre démocratie.

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Pour plus de renseignements : fpjqqc@gmail.com / Alexandre Duval, président (418) 473-6297 

Au sujet de la FPJQ section Québec : Relevant de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), la section régionale de Québec défend les droits de plus d’une centaine de membres sur le territoire de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, en plus d’organiser des ateliers, des débats et des formations sur le journalisme.

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