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Comité permanent du patrimoine canadien : des propositions pour soutenir le journalisme

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16 avril 2026 - Le président et la vice-présidente de la FPJQ, Éric-Pierre Champagne et Stéphanie Mac Farlane, ont présenté aujourd'hui, devant le Comité permanent du patrimoine canadien, des propositions claires pour soutenir le journalisme au Canada et au Québec. Vous pouvez lire ici le texte de présentation d'Éric-Pierre Champagne.

Bonjour à tous, 

 

Je m’appelle Éric-Pierre Champagne. Je suis le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, la FPJQ.  

Je suis journaliste depuis plus de 30 ans et je travaille à La Presse depuis 2001 où je couvre les enjeux environnementaux depuis une douzaine d’années. Je suis accompagné de Stéphanie MacFarlane, vice-présidente de la FPJQ et rédactrice en chef du Canada Français, un journal hebdomadaire fondé en 1860 qui dessert la région de Saint-Jean-sur-Richelieu. 

La FPJQ compte environ 1400 membres qui exercent différents métiers de l’information. Nous sommes la plus importante association de journalistes au Canada. 

Le premier message sur lequel je veux insister, c’est que sans journaliste, il n’y a pas de journalisme. On entend souvent, à droite comme à gauche, que le journalisme est mort, mais il n’y a rien de plus faux. 

Au Québec, malgré les difficultés qui sont nombreuses, il se fait de l’excellent journalisme. Je dirais même que la qualité du journalisme en 2026 est supérieure à ce qui se faisait il y a 10 ou 20 ans. 

Les exemples sont nombreux, mais je n’en citerai qu’un seul pour illustrer mon propos. Il y a une quinzaine d’années, on comptait seulement une poignée de journalistes d’enquête dans les médias québécois. Aujourd’hui, tous les grands médias ont des équipes d’enquête qui publient régulièrement des reportages dont l’intérêt public est indéniable. 

Des médias locaux et régionaux et des nouveaux médias publient aussi des enquêtes percutantes malgré le peu de moyens à leur disposition. 

Tout n’est pas parfait, loin de là, mais force est d’admettre que le journalisme, le vrai journalisme, est encore bien vivant, malgré les écueils qui sont nombreux. Cela témoigne, à mon avis, de la capacité d’adaptation et la résilience des journalistes et des médias québécois. 

À la FPJQ, nous croyons que l’information produite par des journalistes professionnels est essentielle dans une société démocratique. En cette ère de polarisation, de désinformation, avec l’intelligence artificielle qui bouscule tout sur son passage, nous avons besoin plus que jamais de journalistes et d’un journalisme de qualité. 

Or, nous faisons face à un phénomène mondial : le modèle d’affaire des médias est brisé. Au Canada, en ce moment, 70% à 80% des revenus publicitaires vont dans les poches de deux géants étrangers : Meta et Google.  

Je vous le demande, quelle industrie arriverait à survivre dans de telles conditions ? 

Ces deux géants possèdent des machines de guerre qui leur permettent littéralement d’étrangler l’écosystème médiatique canadien.  

Il est évident que les aides publiques tant fédérales que provinciales au secteur des médias ont contribué à réduire les dommages. Le portrait serait fort différent sans cet appui. 

Nous comprenons tout à fait que dans le contexte budgétaire actuel, il est difficile d’en faire plus pour nos gouvernements qui doivent jongler avec plusieurs priorités. 

C’est pourquoi nous sommes étonnés de constater que les annonceurs peuvent encore déduire leurs dépenses publicitaires sur des plateformes étrangères. Une telle mesure existe pour encourager les médias canadiens, mais nous comprenons mal que des correctifs n’aient pas été apportés pour les plateformes étrangères, malgré les demandes répétées de la FPJQ et d’autres acteurs de l’industrie des médias. 

Une telle mesure ne coûterait absolument rien au gouvernement canadien. 

Quant à la loi sur les nouvelles en ligne, bien qu’elle soit imparfaite, elle a produit des résultats. Aujourd’hui, environ 450 médias canadiens se partagent une somme d’au moins 100 millions de dollars provenant de Google.  

Or, il est temps que Meta cesse son odieux blocage des nouvelles sur ses plateformes et verse sa part aux médias canadiens. Nous demandons au gouvernement de ne pas négocier d’entente à rabais avec un géant qui favorise la désinformation sur ses plateformes. 

Il faudra aussi accélérer le pas pour adapter les droits d’auteur en cette ère du numérique et, surtout, protéger les médias, qui se font torpiller leurs contenus par les géants de l’intelligence artificielle générative. 

On l’oublie trop souvent, produire de l’information a un coût et il est élevé. On ne peut permettre à des géants du numérique de s’approprier des contenus journalistiques sans verser la moindre compensation. 

Le portrait demeure inquiétant. Dans certaines régions du Québec et du Canada, on voit lentement apparaître des déserts médiatiques. Vous le savez, la nature a horreur du vide et celui-ci sera vite rempli, probablement par l’IA avec tous les risques que cela comporte. 

Le risque est bien réel et c’est en quelque sorte l’éléphant qui se trouve dans cette pièce. Je nous invite tous à voir au-delà de nos intérêts partisans afin de servir l’intérêt public, si essentiel en cette ère de grands bouleversements. 

 

Je vous remercie.

 

 

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