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De la nécessité de rester civilisé 

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Par Michaël Nguyen, Président de la FPJQ

Voici bientôt trois mois que la crise sanitaire a débuté au Québec. Depuis les « ça va bien aller », de plus en plus de gens font sentir leur grogne contre le confinement, contre les mesures de la santé publique… et aussi contre les journalistes. 

Le phénomène n’est pas nouveau : une personne n’est pas contente d’un article ou d’un reportage qui ne conforte pas ses opinions, alors il/elle déverse son fiel sur le messager. Les journalistes y sont presque habitués, ça fait partie de leur quotidien. Certains l'ignorent, d’autres lui répondent. Il arrive parfois qu’après que le journaliste eut expliqué ses démarches, la personne change de ton et s’excuse ; c’est tant mieux. 

Or, dans les dernières semaines, force est de constater que les attaques contre les journalistes sont de plus en plus virulentes avec des insultes et parfois même des menaces. 

Est-ce un effet de la pandémie qui met une partie de la population à cran, si bien que certains laissent tomber leurs inhibitions pour s’en prendre au messager ? Est-ce un effet de meute encouragé par les algorithmes secrets des réseaux sociaux pour que les esprits similaires se rencontrent ? 

On ne le saura probablement pas, puisque les superpuissances numériques cachent aussi bien leur mode de fonctionnement en ligne que leur argent quand débarque le fisc. 

Mais une chose est sûre et certaine, les messages haineux aux journalistes doivent cesser. Oui à la critique, non à la violence verbale. 

Le nouveau coronavirus a certes apporté son lot de questions, avec par moments peu de réponses. La situation évolue également, on n’a qu’à penser à l’hydroxychloroquine d’abord vantée comme un remède miracle contre la COVID-19 avant de tomber dans l’opprobre. Il y a aussi eu la question du port du masque qui, contrairement au début de la pandémie, est maintenant fortement recommandé. 

Ces changements, ce ne sont pas les journalistes qui les décident. Ils les rapportent, mais ce sont eux qui sont ciblés par certains qui ne se gênent pas pour écrire derrière leur écran ce qu’ils n’oseraient jamais dire en face- à-face, en amalgamant tous les principes pour se donner des airs de légitimité là où il n’y en a pas. 

Nous avons la chance de vivre dans une société où les journalistes brillent par leur qualité, tel qu’on l’a vu dans la couverture de la pandémie. Nous sommes aussi dans une société où chacun peut s’exprimer librement, mais tous ont la responsabilité de le faire dans le respect des autres. 

Alors continuons ainsi, pour ne pas finir comme aux États-Unis. 

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