Nouvelles

Serrons-nous les coudes, solidairement

Actualités - Image d'intro
Par Michaël Nguyen
Président de la FPJQ

Une crise n’attend pas l’autre. À peine avons-nous pu respirer un peu avec les aides aux médias, aussitôt sommes-nous plongés dans une nouvelle crise, cette fois sans précédent.

 

Depuis une semaine, la crise de la COVID-19 a pris une ampleur sans précédent au Québec. Les établissements d’enseignement ferment, les lieux de rassemblement aussi, la culture prend un dur coup et tous espèrent qu’une fois le pire derrière nous, les arts fleuriront à nouveau.

Mais si les rues se vident et que les gens restent chez eux, volontairement ou non, les journalistes ne prennent pas de pause, bien au contraire.

En temps de crise, c’est notre devoir d’informer la population sur les mesures prises pour contrer la propagation du coronavirus, de rappeler les consignes émises par la santé publique, de combattre la désinformation pullulant sur les réseaux sociaux et qui ne font qu’accentuer le risque de propagation…

Il s’agit là de notre responsabilité, et nous nous en acquittons avec brio et fierté.

Notre pertinence n’est pas à démontrer et il n’y a, à ma connaissance, aucun organisme de presse qui a vu son lectorat ou son auditoire baisser durant la dernière semaine. Nous sommes essentiels.

Mais notre dévouement a un prix.

La conciliation travail/famille peut être difficile et de nombreux jeunes parents doivent trouver un moyen de travailler tout en gardant leurs jeunes enfants privés de garderie ou d’école.

Les lignes téléphoniques ne dérougissent pas, nous travaillons tous avec acharnement. Et avec l’adrénaline, nous ne réalisons peut-être pas que nous sommes tous à risque de nous « brûler » sans nous en rendre compte.

Ainsi, le Programme d’aide aux membres de la FPJQ n’a jamais été aussi pertinent et je vous invite à vous y inscrire sur notre site web.

Mais, si nous n’avons jamais été aussi lus et aussi écoutés, cette crise s’annonce un désastre pour les revenus publicitaires qui fondent comme neige au soleil. Car en lisant n’importe quel média écrit, on peut constater l’absence des annonceurs. Avec l’annulation des spectacles, galas et autres événements sportifs et culturels, avec la fermeture des frontières et le coup de massue dans l’économie, la publicité est en chute libre et entraîne dans sa chute les médias, qui font maintenant face à un nouveau défi majeur.

Les conséquences se font déjà sentir pour plusieurs d’entre nous. Des pigistes, qui représentent une force essentielle pour le journalisme, se retrouvent sans contrat. Trop de journalistes sont mis à pied temporairement et l’on peut prévoir que beaucoup d’organes de presse mettront en veilleuse les embauches, du moins à court terme. C’est l’hécatombe.

À l’opposé, certains médias ont pris des mesures pour rassurer leurs employés. Cela va de la facilitation de la conciliation travail/famille, à l’aide financière, ou tout simplement l’assurance qu’il n’y aura pas de mises à pied.

C’est dans les moments difficiles qu’on reconnaît les esprits nobles et je leur lève mon chapeau d’avoir agi parce qu’ils en avaient les moyens.

Car, dans les moments de crise, l’entraide est essentielle. L’exemple de la Coopérative nationale de l’information indépendante, qui a permis de sauver six quotidiens régionaux, est un exemple tout aussi récent que frappant.

Nous nous devons donc de nous entraider, tous ensemble, pour passer au travers de cette nouvelle crise. Les patrons et les syndicats se doivent de mettre de côté leurs différences : l’heure n’est pas aux griefs, mais au dialogue et à la compréhension pour se concentrer au présent, tout en gardant un œil sur le futur moins rose que nous l’imaginions.

C’est le temps de donner, autant que possible, des contrats aux pigistes et de stimuler le journalisme. C’est le temps pour les professionnels de l’information de briller et de montrer l’étendue de leurs capacités en produisant des reportages de qualité, tant sur la forme que sur le fond.

Et c’est aussi le temps pour les administrations publiques d’annoncer dans nos médias et de ramener les avis publics, afin de nous aider à poursuivre notre mission d’informer. La population n’en sera que mieux servie et nous contribuerons ainsi à aplanir cette fameuse courbe.

En nous entraidant, en nous serrant les coudes solidairement, nous traverserons cette nouvelle crise, comme nous savons si bien le faire.

-30-

Retour à la liste des nouvelles

 

IMPORTANT :

Cette crise n’est pas que sanitaire, elle est aussi économique. Des journalistes ont déjà perdu leur emploi.

Si c’est votre cas et que vous êtes membre, la FPJQ vous annonce que vous pourrez bénéficier de nos services pendant encore au moins six mois.