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De l'utilité des journalistes, avant, pendant et après la crise

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Par Catherine Lafrance, directrice générale

Il n'y a pas une journée, à la permanence de la FPJQ, où on ne reçoit pas un courriel venant d'un citoyen ou d'une citoyenne qui se plaint du travail des journalistes.

Rien de nouveau sous le soleil, direz-vous.

C'est vrai. Le milieu est habitué à essuyer des reproches de toutes sortes. Mais aux habituelles récriminations – les journalistes sont vendus, leurs propos sont biaisés, ils ne savent pas de quoi ils parlent – il faut en ajouter une nouvelle : les journalistes posent des questions déplacées aux points de presse donnés par le premier ministre, le bon docteur Arruda et la ministre de la Santé. Vous avez tous entendu parler de ça.

 

Ça ne serait pas si grave, si on avait la conviction qu'après la crise et les rendez-vous quotidiens donnés par les autorités, on reviendra à la normale. Mais a-t-on cette conviction ? À lire les mots que nous recevons, je peux vous dire qu'il y a quelque chose d'inquiétant qui flotte dans l'air, comme un relent de parfum pour vieille dame dans un ascenseur de magasin, bondé. C'est qu'il est si facile de passer du : vous ne devriez pas poser ces questions, à : vous ne devriez pas poser de questions du tout, tiens. Après tout, les autorités s'adressent directement à la population. À quoi servent donc ces intermédiaires que sont les journalistes ?

 

Le milieu de l'information vivait déjà une certaine crise de confiance, avant la crise. Avouons-le. Pas seulement ici : le phénomène était mondial. Peut-être qu'un certain président, qui tweete allègrement à ses supporters, a-t-il donné le ton, mais toujours est-il qu'on sentait un effritement de cette confiance. La certitude que les journaux, la radio et la télé disent vrai, n'était plus ce qu'elle avait déjà été.

 

Alors que les médias sont maintenant officiellement reconnus comme service essentiel, il ne faudrait pas que le public se mette à penser qu'ils sont une sorte de middleman dont on peut aisément se passer.

 

Ça aussi, on y verra.

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IMPORTANT :

Cette crise n’est pas que sanitaire, elle est aussi économique. Des journalistes ont déjà perdu leur emploi.

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