2009.11.12

Le programme de Brian Myles

À la suite d'une réflexion accélérée, j'ai décidé de me présenter à la présidence de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Par son désistement, Martin Bisaillon a prouvé qu'il plaçait les intérêts supérieurs de la profession avant les siens. Son départ nous a cependant plongés, Michel Corbeil, André Noël, Isabelle Richer et moi-même, dans un profond dilemme. Partir ou rester?

Au cours des derniers jours, nous avons pu constater l'enthousiasme de nombreux collègues sur les idées que nous avons brassées à cinq, faut-il le rappeler, avant de se lancer dans la course. Ces idées n'ont pas perdu un iota de leur pertinence. Et il m'apparaît important qu'elles soient exprimées et défendues dans le cadre d'un débat démocratique. La FPJQ a élu tous ses présidents par acclamation dans les 40 dernières années. En cette période de crise et de bouleversements, il est d'autant plus sain que notre prochain président soit nommé à la suite d'une élection et son corollaire: le débat d'idées.

Je me présente à la présidence avec humilité, à la fois conscient et impressionné par les défis qui nous attendent collectivement. J'ai obtenu l'assurance que Michel Corbeil, André Noël et Isabelle Richer m'appuient dans cette démarche. En revanche, je leur ai promis de travailler avec toutes les forces vives de la profession à qui la survie et l'essor du journalisme tiennent à cœur.

L'unité ne peut toutefois se faire au prix du mutisme. Surtout pas quand un «tsunami» balaie la profession, pour reprendre l'expression de la ministre de la Culture, Christine St-Pierre. Je suis surpris de constater que l'on nous prête des intentions de radicaliser la FPJQ et de la détourner de ses valeurs fondatrices dans ce contexte d'urgence. Ce costume ne me sied tout simplement pas.

Au contraire, nous croyons que la Fédération doit retrouver la neutralité qu'elle a perdue sous la présidence de François Bourque. Nous croyons également qu'il faut se poser des sérieuses questions sur les effets de la convergence sur la qualité et la diversité des sources d'informations. Nous croyons aussi que la FPJQ doit renouveler son intérêt et son éveil aux préoccupations des journalistes pigistes, à celles des jeunes reporters qui font leurs premiers pas dans cette angoissante période de précarité, et à celles des journalistes qui portent à bout de bras l'information locale et régionale.

Nous croyons que la FPJQ ne peut et ne doit abandonner aux financiers, universitaires et autres groupes de pression le devoir de prendre position sur les enjeux qui nous concernent au premier chef. Il nous incombe de faire entendre notre voix, car personne n'est mieux placé qu'un journaliste pour défendre l'importance de la qualité et de la diversité des sources d'informations dans une société démocratique. Notre tâche est de ramener à l'ordre du jour cette vieille idée toujours empreinte de lucidité: le journaliste est un chien de garde de la démocratie.

Priorités

Notre détermination et nos préoccupations n'ont pas changé. Les voici en rappel, pour conclure: