1992.09.15

Injonction contre Radiomutuel (Affaire Wilhelmy)

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec craint que l'injonction temporaire qui vient d'être signifiée à Radiomutuel et à l'ensemble des médias du Québec n'empêche la diffusion d'informations d'intérêt public dans l'actuelle campagne référendaire.

Hier, le juge J. Roger Banford de la Cour Supérieure a ordonné aux médias de ne rien dévoiler des propos tenus en privé par Mme Diane Wilhelmy, proche conseillère du premier ministre Bourassa, sur les négociations constitutionnelles.

La FPJQ est consciente que la diffusion des enregistrements de ces propos pourrait aller à l'encontre du code criminel et des règlementations du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes.

Mais ce qui nous inquiète dans ce jugement, c'est que le juge va jusqu'à interdire même de «divulguer (...) l'existence de la bande magnétique»!

La FPJQ considère également que les informations qui sont d'intérêt public doivent être portées à la connaissance du public. Il revient à la direction des médias de juger de l'intérêt public des informations qui sont parvenues entre leurs mains.

S'il apparaît qu'elles jettent une lumière supplémentaire sur les importants débats autour du renouvellement de la Constitution, leur diffusion sera sans doute un devoir pour les médias. Il serait incongru en effet que les dispositions de lois destinées, dans leur esprit, à protéger la vie privée servent en fait à dissimuler des informations ayant peut-être un caractère éminemment public et utile à la compréhension des enjeux de la campagne référendaire.

Aussi la FPJQ appuie-t-elle les efforts de Radiomutuel et de la station CJRP de Québec pour casser l'injonction permanente qui menace, tout en espérant fortement que les délais du processus judiciaire ne reportent pas indûment la décision finale à un moment où l'information aura perdu de son intérêt public.